I was listening recently to a broadcast about the Edict of Nantes (13 April 1598) and at some point this song was played. Of course, the events described in the song date from a few decades before the Edict. During those years, the soldiers of King Francis I launched harsh reprisals against the French Huguenots in Provence and beyond.

The recorded version contains fewer stanzas than the original one.

For background information about the song, see HERE.

Voyez la grande offense Faite par les méchants
Au pays de Provence Contre les innocents
Car ils mis à mort Les chrétiens à grand tort

Entrez dans Cabrières Pour la prendre et piller
Femme, fille et chambrière Pour forcer et violer
Et meurtrir les enfants Qui n’avoient pas trois ans

A mainte femme enceinte le ventre ils ont fendu
Sans avoir de Dieu crainte les enfants ont pendu
Qui n’avoient pas trois mois au bout de leurs harnois

Encore davantage enfans ont fait rotir
Disans par grand outrage il les faut trangloutir
Et si les ont mangez meurtriers enragez

Tout à la propre mode que fit le temps passé
Le malheureux Hérode ainsi ils ont pensé
Faire mourir Jésus et avoir le dessus

Ces malheureux infames plus que chiens enragez
Les hommes et les femmes tant les jeunes qu’agés
Ils les ont tous défaits ces malheureux infaicts

Pour les autres villages qui étoient de ce rang
Ont fait beaucoup d’outrages mettans à feu et sang
Ainsi que loup rabis meurtrissant les brebisd

Par bois monts et vallées plusieurs chrétiens ont pris
Et mené aux gallées sans avoir rien mespris
Aucuns sont morts de faim las ! Par faute de pain

Aux rives aquatiques demeurèrent assis
En chantant les cantiques de Dieu par ses rassis
Mais Dieu doux et humain prendra leur cause en main

Encore davantage sans ouyr leur raison
Les meschants plein de rage les meinent en prison
À Aix, à Cavaillon aussi en Avignon

Les langues ont coupées quand les menoient brusler
Pour couteaux ni espées ne cessent de parler
Soutenant toujours fort leur Dieu jusqu’à la mort

Hélas, hélas mes frères ne soyez esbahis
En voyant les affaires qu’ainsi sommes hais
Autant ont fait à Christ ainsi qu’il est escrit

Jésus Christ nous exhorte disant qui veux venir
Après moy faut qu’il porte sa croix pour m’ensuyvir
Ainsi seront reçus au Royaume là sus!